De nulle part…

En position d’avant-garde,
Je chemine.
Au loin, j’aperçois la harde ;
je démine.
J’avance, un peu troublé,
le dos courbé.
J’aime le danger
en sol étranger.

Dans la savane - un œil hagard - d’où partent les coups, de nulle part.

J’ai dans la tête ces tristes visages :
des morts vivants.
J’ai dans mon cœur 
un corps sauvage,
bien vivant.
La vie - ici - s’est arrêtée.
Et pourtant,
la mort est là, bien rodée :
faux semblant.

Dans la savane - le teint sans fard - d’où partent les coups, de nulle part.

Une première flèche touche mon bras ;
ça fait mal.
La deuxième flèche frôle mon pas ;
je cavale.
La troisième ne valait pas tripette :
quelle chance !
Quand la quatrième atteignit ma tête :
pas de chance...

Dans la savane - le cœur faiblard - d’où partent les coups, de nulle part.

Devenu zombie,
de mon âme meurtrie,
je zieute autour de moi :
Je suis déjà chez moi.
La vie reprend parmi les morts
qui s’amoncellent.
La vie reprend dans ce corps
qui m’ensorcelle.

Dans la savane - visage blafard - d’où partent les coups, de nulle part.

Eternelle résurrection.
La vie est un don.
Sublime indignation,
elle est sans pardon.
Mais la mort est une vacherie,
une infernale minuterie,
que l’horloger suprême
jamais ne malmène.

Dans la savane - sourire vachard - d’où partent les coups, de nulle part.

Yves Gautrey










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